Ils ont manifesté pour la déconjugalisation de l'AAH

Environ 200 personnes, dont de nombreuses en situation de handicap, se sont rassemblées le 13 juin 2021 à Paris pour réclamer que le calcul de l'allocation adulte handicapé (AAH) ne soit plus assujetti aux revenus du partenaire.

 

"Je ne partage pas mon handicap, mon AAH non plus" ou "Fierté handi, mon AAH, mon autonomie", était-il écrit sur leurs pancartes sur fond noir, marchant ou roulant en cercle à l'appel de plusieurs collectifs et en scandant des slogans. L'individualisation de l'AAH pour les personnes en couple est une mesure phare d'une proposition de loi qui sera discutée le 17 juin 2021 à l'Assemblée nationale (article en lien ci-dessous).

Un texte détricoté

En commission, gouvernement et majorité ont détricoté cette mesure, inquiétant les associations (article en lien ci-dessous). "A partir de 2 000 euros de revenus pour le conjoint, on n'a plus droit à l'AAH, s'insurge Pascale Ribes, présidente de APF France Handicap, sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Les ressources d'un conjoint ne font pas disparaître le handicap et on est ainsi à la merci de son compagnon. Déjà ils sont mis à rude épreuve et en plus ils doivent nous entretenir, c'est indigne". "C'est un débat qui dépasse les clivages politiques, je voudrais que des députés LREM ne votent pas ce texte", a-t-elle ajouté. Certaines pancartes accusaient ainsi Emmanuel Macron ou Sophie Cluzel, secrétaire au Handicap, d'être "handiphobes".

Une dernière pression

Elisa Rojas, atteinte d'une maladie génétique, a déclaré : "Même si on perd cette bataille, après avoir déjà perdu celle de l'accessibilité, on gagnera la guerre de l'autonomie. Pourquoi devrait-on choisir entre amour et justice ?" "Je passe le plus clair de mon temps chez moi, entre mes quatre murs, a expliqué Dominique Barrot-Morigny qui souffre de sclérose en plaques. Je ne travaille plus depuis 15 ans et je vis avec ma femme qui travaille et m'assiste. Si ça peut apporter un plus d'être là, tant mieux". Dans son fauteuil, avec un bras dans le plâtre, l'homme de 60 ans est venu de Versailles. "On tente de mettre une dernière pression pour faire bouger les lignes. En plus, les femmes handicapées sont souvent plus victimes de violences conjugales", explique Fatima, en fauteuil.

La réforme a été amendée en commission mais a conservé une avancée : plus de 60% des 150 000 couples dont le bénéficiaire de l'AAH est inactif conserveraient ainsi leur allocation à 903 euros, au lieu de 45% des couples aujourd'hui. Un compromis qui ne satisfait en aucun cas les associations…

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