Œnologues et Covid: perte d'odorat, une maladie invalidante!

Les troubles de l'odorat et du goût reconnus comme maladie invalidante ? C'est ce que réclame l'Union des œnologues de France qui dévoile un plan d'action pour faire face à l'épidémie de Covid. Autre requête : un accès prioritaire à la vaccination.

 

La perte du goût et de l'odorat est l'un des symptômes majeurs de la Covid-19. Plusieurs mois après avoir contracté la maladie, certains peinent encore à retrouver leurs sens. Ce qui constitue une gêne pour le « commun des mortels » peut devenir un véritable handicap pour les professionnels du vin, notamment. Le 10 mars 2021, l'Union des œnologues de France (UOEF) dévoile un plan d'action pour faire face à l'épidémie et demande la reconnaissance des troubles sensoriels comme maladie invalidante ainsi qu'un accès prioritaire à la vaccination. Motif évoqué ? Même si « la grande majorité finit par retrouver complétement le goût et l'odorat au prix d'une rééducation très poussée, souligne Sophie Pallas, directrice de l'UOEF, 25 à 30 % des malades de la Covid-19 pourraient avoir des séquelles à long terme ».

Accompagnement psychologique

« Nous qui sommes des musiciens du vin, perdre nos sens c'est perdre nos instruments de musique », déplore Didier Fages, président de l'UOEF, auprès du média Réussir. « Psychologiquement, pour un œnologue, il est très difficile d'admettre que l'on n'a plus la capacité de déguster », témoigne Sophie Pallas qui, ayant contracté la maladie fin janvier, est encore en phase de rééducation. « Au-delà de l'impact sur nos métiers, c'est notre relation au plaisir qui est amputée », poursuit-elle. Une expérience qui peut être traumatisante et dont « il ne faut pas hésiter à parler », selon elle. C'est ce qui a motivé l'Union à mettre en place un numéro de téléphone qui propose un accompagnement psychologique. Elle envisage également de lancer une plateforme d'intérim pour permettre aux personnes malades travaillant seules de solliciter l'aide de leurs collègues.

Autres projets en cours : négocier une couverture de santé et de prévoyance renforcée pour les entreprises et leurs salariés et dresser une liste d'ORL à consulter dans chaque bassin viticole. L'UOEF entend également poursuivre les enquêtes sur cette problématique et créer un programme national de recherche via le fonds de dotation des œnologues de France. Pour l'heure, la demande de vaccination prioritaire aux autorités publiques reste lettre morte. Une petite « piqûre » de rappel serait-elle nécessaire ?

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