Un certificat national d'intervention autisme: c'est quoi ?

Tout nouveau, le certificat national d'intervention autisme (CNIA) voit le jour par décret. Il vise à mieux former les professionnels intervenant auprès des personnes autistes dans le respect des bonnes pratiques. En détails...

 

Comment faire évoluer la qualité du repérage, de l'orientation et de l'accompagnement des personnes autistes en s'appuyant sur les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) et deux référentiels élaborés avec les associations ? C'est l'objectif du décret (n° 2020-1064) qui permet la mise en œuvre du certificat national d'intervention en autisme (CNIA), paru le 17 août 2020 (en lien ci-dessous).

Améliorer les parcours de vie

Selon la Délégation interministérielle à la stratégie nationale pour l'autisme au sein des troubles du neuro-développement, « la formation et l'évolution des pratiques professionnelles est un enjeu clef pour améliorer le parcours de vie des personnes concernées et des familles ». La stratégie nationale pour l'autisme y consacre plusieurs mesures : formation continue des professionnels de santé, évolution et création de diplôme universitaire et interuniversitaire dans le champ des TSA… « Elles entendent mettre fin aux pratiques non adaptées et non spécifiques », poursuit la délégation. Une étape de plus serait donc franchie vers cet objectif avec la création de ce CNIA, « très attendu des professionnels et des associations », selon elle.

Pour qui, comment ?

Ce certificat est ouvert à tout professionnel du secteur médico-social exerçant auprès des personnes autistes : ceux de la petite enfance, du médico-social, les personnels d'accueil des organismes culturels ou sportifs…. Le GNCRA (Groupement national des centres de ressource en autisme) précise qu'il est également possible d'intégrer dans cette formation des demandeurs d'emploi, ainsi que les personnels de l'Education nationale (par exemple les AESH) et même les aidants, « même s'il n'en font pas forcément un usage professionnel par la suite », pourvu qu'ils aient les diplômes requis. Il comporte deux degrés, le premier (formation de 140 h) pour un niveau de qualification de niveau 3 à 4 (certificat d'aptitudes professionnelles (CAP) ou baccalauréat) et le second (175 h) pour un titre de niveau 5 à 8 (bac +2 à doctorat).

Quel contenu de formation ?

Les formations allient des apports théoriques et pratiques, notamment lors de stages. Elles doivent permettre de valider les compétences de chaque professionnel dans 9 domaines (détail du référentiel en lien ci-dessous). : évaluation du fonctionnement global de la personne, communication, prise en compte de ses particularités sensorielles, optimisation des interactions sociales, prévention et gestion des comportements problème, projet d'intervention, veille sur l'état de santé, approches et outils adaptés lors des interventions et, enfin, actualisation des connaissances sur les TSA en ayant recours aux sources de référence. Il revient aux organismes de formation de constituer un jury chargé d'évaluer les compétences du candidat ; il sera composé d'un formateur et d'un professionnel intervenant auprès de personnes avec TSA.

Des organismes habilités

Il revient au GNCRA d'habiliter les organismes de formation, pour une durée de trois ans, renouvelable. L'appel à candidatures lancé le 28 août 2020 est ouvert jusqu'au 30 octobre, sur son site internet ; une autre fenêtre de dépôt est prévue en 2021, probablement lors du 2e ou 3e trimestre. Les premières formations devront être mises en œuvre avant le 1er septembre 2021. Selon Danièle Langloys, présidente d'Autisme France, « vu la logistique nécessaire pour mettre ce certificat en œuvre, seuls les instituts de formation en travail social pourront postuler ». Elle dit se « faire un peu de souci pour pouvoir repérer ceux qui sauront vraiment enseigner des compétences en autisme aux normes car la présentation sur dossier est un moyen limité de les évaluer ». Elle reconnaît néanmoins que « c'est déjà une bonne mesure de pointer un niveau d'exigence élevé en autisme par décret », avant de conclure « On verra bien ».

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